Entretien avec la Présidente

Depuis le 1er janvier 2015, le visage de la présidence du Conseil d’Administration de l’aéroport est féminin. Première dirigeante de l’histoire de l’établissement public autonome à ne pas être issue du Conseil d’Etat, Corine Moinat a d’abord gravi les échelons de Migros avant d’occuper des postes à responsabilité tout au long de sa carrière. Elle est connue pour être franche et directe. Rencontre.

Corine Moinat, présidente du Conseil d'Administration
Corine Moinat, présidente du Conseil d'Administration

GCP: Corine Moinat, vous avez été à la tête de Balexert, le plus grand centre commercial de Suisse Romande. Cette compétence vous sera-t-elle utile à la tête du conseil d’administration de l’Aéroport?

Corine Moinat (CMO): Assurément. Près de la moitié des revenus de l’aéroport provient de recettes non aéronautiques, au titre desquelles les commerces de l’aéroport. Ma bonne connaissance des réalités de ce secteur sera donc un atout. Il en va de même de la gestion des parkings, que je connais également. Mais surtout, tout au long de ces années passées à la tête du centre Balexert, puis à la direction générale de Migros Genève en tant que directrice de la construction et de l’immobilier, j’ai eu à gérer de grands chantiers. Cette connaissance du secteur du bâtiment me sera évidemment utile. Pour autant, rappelons que le Conseil d’administration n’a pas vocation à se mêler de la gestion de l’entreprise au quotidien, mais de lui définir une stratégie.

GCP: Quel est votre vision du segment non-aéronautique de l’aéroport ?

CMO: Le modèle financier de l’aéroport exige que nous disposions d’un secteur non aéronautique fort, capable de générer les revenus indispensables pour pouvoir faire face à nos investissements. Le développement de ces activités doit toutefois se faire dans un esprit de service et doit s’épanouir en bonne intelligence avec le secteur opérationnel qui continue de constituer notre raison d’être.

GCP: Corine Moinat, vous avez été à la tête de Balexert, le plus grand centre commercial de Suisse Romande. Cette compétence vous sera-t-elle utile à la tête du conseil d’administration de l’Aéroport?

Corine Moinat (CMO): Assurément. Près de la moitié des revenus de l’aéroport provient de recettes non aéronautiques, au titre desquelles les commerces de l’aéroport. Ma bonne connaissance des réalités de ce secteur sera donc un atout. Il en va de même de la gestion des parkings, que je connais également. Mais surtout, tout au long de ces années passées à la tête du centre Balexert, puis à la direction générale de Migros Genève en tant que directrice de la construction et de l’immobilier, j’ai eu à gérer de grands chantiers. Cette connaissance du secteur du bâtiment me sera évidemment utile. Pour autant, rappelons que le Conseil d’administration n’a pas vocation à se mêler de la gestion de l’entreprise au quotidien, mais de lui définir une stratégie.

GCP: Quel est votre vision du segment non-aéronautique de l’aéroport ?

CMO: Le modèle financier de l’aéroport exige que nous disposions d’un secteur non aéronautique fort, capable de générer les revenus indispensables pour pouvoir faire face à nos investissements. Le développement de ces activités doit toutefois se faire dans un esprit de service et doit s’épanouir en bonne intelligence avec le secteur opérationnel qui continue de constituer notre raison d’être.

GCP: Vous avez également été à la tête du Service culturel de Migros. Peut-on également imaginer que c’est une compétence que vous pourriez développer à l’Aéroport?

CMO: En sa qualité d’aéroport urbain, Genève Aéroport a effectivement cette vocation à s’ouvrir sur la Cité et à s’affirmer potentiellement comme un lieu de culture. C’est le cas à quelques occasions tout au long de l’année, ce dont je me réjouis. Toutefois, il ne s’agit pas d’une priorité dans le développement de cette infrastructure.

GCP: En contrepartie, vous n’avez jamais été liée au secteur aéronautique, comment votre immersion se déroule-t-elle ?

CMO: J’ai effectivement tout à apprendre de la réalité opérationnelle de la plate-forme aéroportuaire. La complexité du fonctionnement de ces multiples entreprises me fait aborder la matière avec humilité... mais sans être non plus intimidée outre mesure. Je lis beaucoup de choses, je me renseigne, je rencontre de nombreux acteurs de la plate-forme et les pièces de cet immense puzzle s’assemblent petit à petit.

GCP: Comment définissez-vous votre rôle de Présidente?

CMO: Comme je l’ai dit, passée la phase d’immersion au cours de laquelle je veux assimiler ce qui se passe à tous les étages du porte-avion, je n’entends pas me mêler d’opérationnel. Le Conseil d’administration a pour mission de définir la stratégie et en ma qualité de présidente, je prendrai garde à ce que le conseil in corpore œuvre dans ce sens. En outre, ma responsabilité est de veiller à ce que la Direction de l’aéroport atteignent les objectifs fixés par le Conseil.

GCP: Vous êtes la première Présidente à ne pas avoir été élue au sens politique. Que change cette nouvelle donne ?

CMO: Je ne suis effectivement membre d’aucun parti ni n’ai jamais brigué de mandat électif. Je suis donc la première présidente du Conseil à ne pas être conseillère d’Etat. Ceci ne rime nullement avec un désengagement de l’Etat, qui reste notre propriétaire.

GCP: Votre nomination à la tête de l’Aéroport augure-t-elle d’un changement dans le mode de gouvernance ? Quel sera votre style?

CMO: Ma nomination s’inscrit très clairement et pour ainsi dire exclusivement dans une volonté de faire évoluer la gouvernance de cet établissement public autonome. La Direction gère la plate-forme au quotidien, le Conseil d’administration constitue l’échelon stratégique et l’Etat assure la surveillance. Pour concrétiser cette ambition, je mettrai au service de l’aéroport le style qui est le mien : on me décrit comme une personne ouverte au dialogue, mais également déterminée.

GCP: Quels sont les domaines dans lesquels vous souhaitez voir l’aéroport évoluer ?

CMO: Je souhaite faire évoluer la gouvernance de l’aéroport et cela passera probablement par des changements dans les organigrammes et dans certaines pratiques. J’entends que ces évolutions s’inscrivent dans un système de valeurs que je veux voir affirmé clairement et qui devra continuer à se concrétiser au travers de divers projets, notamment dans le domaine de la responsabilité sociale de l’entreprise, son rôle d’employeur, de formateur, sa responsabilité environnementale...

GCP: Les entreprises et la communauté d’affaires notamment se réjouissent que l’Aéroport ait reçu de Berne l’autorisation de construire l’Aile Est. Pouvez-vous nous dire quelles sont les prochaines étapes du projet ?

CMO: Nous allons rentrer dans une phase d’appels d’offres puis d’adjudication au terme de laquelle le chantier proprement dit pourra commencer, à l’aube du second semestre 2016. Il s’agit d’un chantier complexe et de grande envergure qui devra être mené en maintenant la plate-forme opérationnelle. Lorsque les entreprises auront été sélectionnées, nous saurons plus précisément dans quels délais ils pourront terminer cette construction.

GCP: Ont été mentionnés, pendant la conférence de presse, les grands chantiers de demain. Quels sont-ils ?

CMO: Par-delà la construction de l’Aile Est, qui ne fait finalement que remplacer des installations existantes en les modernisant et en les optimisant, d’autres grands projets sont en cours. Nous avons terminé l’enfouissement de la route douanière. Un amortisseur de bruit sera mis en service au début 2016. Le réseau hydrant sous le tarmac a été refait. Les plates-formes en front d’aérogare seront bientôt totalement renouvelées. D’autres projets d’envergure sont dans les cartons, mais je n’entends pas faire d’effets d’annonce ni me payer de mots: nous communiquerons sur ces projets lorsqu’ils seront aboutis.

GCP: Genève Aéroport vient de publier les résultats pour l’année 2014. Comment les interprétez-vous ?

CMO: Nous ne pouvons que nous féliciter des bons chiffres qui ont été annoncés. Les millions de francs de bénéfice que nous avons dégagés ne doivent toutefois jamais constitué un oreiller de paresse : nous allons devoir investir des centaines de millions de francs dans les années qui viennent et devons pour cela pérenniser la bonne santé de notre entreprise, avec une gestion très prudente, car ces résultats montrent aussi que notre modèle d’affaires nous rend sensibles à divers événements extérieurs.

GCP: La BNS a aboli au mois de janvier le taux plancher du franc face à l’euro. Faut-il s’attendre à des retombées sur l’aéroport également?

CMO: La flambée du franc suisse constitue typiquement un événement extérieur qui aura des incidences. Celles-ci ont été prises en compte, ce qui n’empêchera pas qu’elles impactent nos résultats. Notons que si la Suisse devient un peu moins attractive pour les touristes en provenance de la zone euro, l’Europe constitue quant à elle un destination moins onéreuse pour les Suisses. En termes de trafic, nous devrions donc estomper les effets de la cherté du franc.

GCP: L’aéroport a connu, au cours de ces derniers mois, plusieurs grèves. Quel rôle l’Aéroport peut-il jouer dans de telles crises?

CMO: Nous devons rappeler qu’il ne faut pas confondre l’aéroport de Genève qui compte environ 1’000 collaborateurs avec la plate-forme aéroportuaire qui héberge presque 200 entreprises privées et emploie près de 10’000 collaborateurs. Nous n’avons pas compétence à nous immiscer dans la gestion de ces entreprises. Toutefois, en notre qualité de gestionnaire, nous continuerons à veiller à ce que les entreprises concessionnées soient au bénéfice d’une CCT ou qu’elles s’engagent à respecter les usages en vigueur dans le canton de Genève.