L’aéroport de Genève lève CHF 175 millions d’emprunt obligataire

Cela ne vous aura sans doute pas échappé : pour la première fois de son histoire, Genève Aéroport vient de lever 175 millions de francs d’emprunt obligataire. Quel objectif derrière cette opération ? Nous sommes allés interroger André Schneider, chef d’orchestre de cette levée de fonds.

@FredMerz
@FredMerz

AGC : André Schneider, vous venez de lever 175 millions de francs d’emprunt obligataire. Quel est le but de cette opération ?
A.S. : Notre objectif consiste à remplacer nos emprunts bancaires à durée limitée (d’environ 4 ans) par des emprunts obligataires à plus long terme, soit 10 ans en l’espèce. Ceci a pour but de nous assurer les fonds nécessaires pour nos projets et de pouvoir en outre bénéficier d’un taux d’intérêt plus intéressant. Cette première tranche va ainsi nous permettre de racheter tous nos prêts bancaires. Nous envisageons de procéder par la suite à une nouvelle levée des fonds pour financer nos besoins futurs.  

AGC : Comment expliquez-vous ce franc succès auprès des investisseurs, dans une période pour le moins mouvementée ?
A.S. : Ce franc succès démontre tout d’abord que les aéroports restent des entités économiques très stables avec des perspectives très positives à long terme. Ensuite, je pense que ce succès intervient aussi comme une reconnaissance de l’excellent positionnement et de la vision stratégique claire présentée par Genève Aéroport. En outre, nous avons su convaincre que le fait d’investir dans la dette de Genève Aéroport représente un engagement très sûr qui se révélera payant.

AGC : C’est la première fois dans l’histoire de l’aéroport qu’une telle opération financière est menée. Cela fait-il partie de votre stratégie à long-terme ou est-ce une action coup de poing ?
A.S. : Ceci fait partie intégrante de notre stratégie à long-terme, laquelle devra nous permettre de financer par nos propres moyens toutes les infrastructures dont nous aurons besoin dans les 10 à 15 années à venir : il s’agit d’assurer l’évolution de Genève Aéroport dans les prochaines décennies, et ce sans pour autant changer le statut d’établissement public autonome de Genève Aéroport ni faire abstraction de son contexte actuel.

AGC : Cette émission d’obligations ne risque-t-elle pas de le rendre tributaire des desideratas des investisseurs ?
A.S. : Non, car un emprunt obligataire n’est rien d’autre qu’un engagement que nous prenons vis-à-vis de ceux qui nous financent de leur verser un certain taux d’intérêt sur le montant emprunté et de les rembourser à une date fixe. En cela, nous ne sommes pas liés à eux par une relation différente que celle qui nous unissait à nos banquiers. Tout au plus substituons-nous à nos dettes bancaires une dette obligataire.

AGC : Sur quel(s) projet(s) allez-vous allouer cette somme en priorité ?
A.S. : Cet emprunt va nous permettre de financer les grands projets en cours comme l’avancement de la façade, le projet d’agrandissement du contrôle de sûreté, l’aile est, le bassin de rétention du versant du Vengeron, les premières étapes du projet de création d’une nouvelle infrastructure de tri des bagages ou encore les nouvelles places de stationnement des avions sur le parking P48.

AGC : Comme vous le disiez lors de votre arrivée à la direction, vous n’avez pas été « engagé pour sculpter des nuages ». Que se passe-t-il actuellement dans la tête d’André Schneider ?
A.S. : Je pense que nous avons su très vite avancer d’un bon pas sur un nombre important de projets à court-terme. Depuis lors, je dépasse très largement l’horizon des cinq prochaines années pour me projeter dans la période 2022-2030 : je veux être sûr que nous lançons à temps les projets nécessaires à l’évolution de l’aéroport durant cette phase et que nous saurons ainsi nous éviter de prendre à nouveau du retard sur les chantiers qui vont s’imposer à nous.


Article rédigé par Dimitri Kas