Février 2018

L’AGC prend position sur le projet de fiche PSIA

En automne dernier, l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) a présenté le projet de fiche PSIA – Plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique – de l’aéroport de Genève. Préparé en collaboration avec les autorités compétentes, ce projet a été mis en consultation jusqu’au 8 janvier dernier pour la population, donnant ainsi la possibilité à tout un chacun de s’exprimer sur son contenu. L’AGC a transmis en début d’année sa position. Explications de Jacques Jeannerat, son président.

Courbes de bruit du projet de fiche PSIA.
Courbes de bruit du projet de fiche PSIA.

Pourquoi l’AGC a-t-elle pris position sur le projet de fiche PSIA ?
Parce qu’il s’agit d’un bon projet, et qu’il faut le dire ! Nous sommes totalement en accord avec la politique développée par le Conseil d’Etat dans ce dossier essentiel pour Genève et sa région. Ce projet de fiche PSIA constitue un excellent compromis, car il permet d’adapter la plate-forme aéroportuaire aux besoins de la population et des entreprises, tout en admettant que les nuisances doivent être contenues. C’est le challenge qui attend l’aéroport : adapter son infrastructure en vertu de la concession fédérale dont il jouit et de son statut d'aéroport national, et ce dans le respect du Plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique.

Quel est le point fort de ce projet ?
Ce projet est équilibré. Il tient compte des intérêts de l’économie genevoise et régionale dans son ensemble, mais aussi du développement durable de la plate-forme aéroportuaire et de son environnement. L’augmentation du trafic aérien, telle qu’elle est envisagée jusqu’en 2030, ne devrait cependant pas avoir d’impact en termes de nuisances sonores. La charge sonore devrait même diminuer par rapport à celle qui existe actuellement ! Les courbes de bruits présentes dans le projet sont là pour le stipuler. C’est un élément qui, à nos yeux, constitue le point fort de ce projet.

Et les points de vigilance ?
Genève et la région lémanique abritent quelque 40 organisations internationales, plus de 400 organisations non-gouvernementales et fédérations sportives, ainsi que 250 missions permanentes ou représentations diplomatiques. Le nombre d’accueils protocolaires de chefs d’Etat et de ministres réalisés à l’aéroport de Genève est considérable. Compte tenu de la diversité des partenaires suisses et étrangers avec lesquels l’aéroport entretient des relations, il doit d’être souple et efficace dans sa gestion quotidienne. Le PSIA, instrument de planification et de coordination de la Confédération pour l’aviation civile, demeure un cadre contraignant pour les activités de l’aéroport. Mais la contrainte doit être vue comme une opportunité : celle de réaliser les travaux les plus judicieux pour les usagers, la population, l’économie, la diplomatie, le tourisme et, en fin de compte, pour la Suisse dans son ensemble.

L’aéroport a-t-il encore des marges de manœuvres pour s’adapter aux futurs flux ?
Comme je le disais, l’aéroport va devoir être ingénieux, tant il est vrai que l’augmentation globale du trafic de ces dernières années s’est fait ressentir sur les différentes plages horaires. De plus, les autorités aéroportuaires ont explicitement renoncé à tout mouvement entre 5h et 6h du matin, alors même que la loi fédérale donne la possibilité d’exploiter ce créneau. C’est un geste remarquable qu’il faut souligner. Nous constatons que le projet de fiche PSIA permet le développement de trois vols long-courriers de 22h à minuit, avec l’obligation que ces nouveaux vols soient opérés par les avions les plus performants au niveau acoustique. Une contrainte de plus qu’il faudra respecter.

Que pensez-vous de l’initiative populaire IN 163 « Pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève » ?
Dans une certaine mesure, le projet de fiche PSIA répond aux préoccupations des auteurs de cette initiative. Les points qui peuvent être avancés sont ceux relatifs aux nuisances découlant de l’exploitation de la plate-forme aéroportuaire. Les courbes de bruits, telles qu’elles sont décrites dans le projet de fiche PISA, offrent une réponse aux préoccupations liées aux nuisances sonores. Mais il y a aussi tous les points du projet de la fiche PSIA relatifs au développement durable de l'aéroport, qui sont d'ailleurs mentionnés dans le texte de l'initiative, comme la protection de l’environnement, l'aménagement du territoire et la promotion de la santé. Le projet de fiche PSIA contient des éléments susceptibles de rassurer les initiants. C’est de notre point de vue une forme de contre-projet indirect à l’initiative, une réponse pragmatique et de bon sens.

Le mot de la fin ?
C’est au tour des autorités de prendre position sur ce projet, avant la date butoir du 16 mars. Après quoi, l’OFAC fera les modifications nécessaires en fonction des observations recueillies. En finalité, ce sera de la compétence du Conseil fédéral d’adopter la fiche PSIA. Nous souhaitons que le projet entre en vigueur rapidement, afin que l’aéroport sache à quoi s’en tenir quant à ses obligations et aille de l’avant pour répondre aux besoins des usagers. C’est la priorité !


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Consultez la prise de position.

Article rédigé par Dimitri Kas