SWISS et Genève Aéroport : bientôt le divorce?

Coup de tonnerre en août dernier : la presse affirme que la compagnie aérienne SWISS pourrait quitter l’aéroport de Genève. Pourtant, quelques semaines plus tôt, SWISS annonçait le survol de la Rade genevoise par le nouveau Bombardier C Series pendant le Geneva Lake Festival (6 août), avion destiné à être baptisé « Canton de Genève ». Nous sommes allés à la rencontre de Lorenzo Stoll, directeur de SWISS Genève, pour faire le point sur la situation.

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En 2013, SWISS déployait ses activités sur l’aéroport de Genève. Trois ans plus tard, un divorce est-il à craindre ?
Quitter Genève n’est pas à l’agenda de SWISS. Nous tenons à notre implantation en Suisse Romande et à l’aéroport de Genève sur le long terme. Cependant, la réalisation de cette ambition est et restera compliquée. Nous avons franchi une première étape à l’été 2013 et restons confiants dans nos plans pour la deuxième phase. Nous nous attendons à des retombées positives découlant de l’adaptation du réseau ainsi que de l’introduction des avions du type Bombardier C Series à Genève. Il est vrai qu’un engagement plus marqué d’Eurowings à Genève fait l’objet d’évaluations au sein du groupe Lufthansa, mais une décision n’interviendra que d’ici 2 à 3 ans.

On a pu lire dans la presse que vous aviez sous-estimé easyJet dans votre (re)conquête de l’aéroport de Genève ; est-ce exact ?
Nous avons certainement sous-estimé les difficultés de l’exercice consistant à confronter la marque SWISS au réflexe easyJet. Je reste cependant convaincu qu’il y a de la place et de la demande pour plusieurs types d’offres sur le marché de la Suisse Romande et de la France voisine. Notre objectif est de proposer une réelle alternative à l’offre low-cost en termes de prix, de produit, de qualité et de confort pour les passagers au départ de Genève Aéroport. Le challenge qui nous occupe est de démontrer que l’héritage de SWISS peut apporter à l’expérience du client un avantage qu’une compagnie low-cost ne peut ni ne veut proposer.

L’arrivée des Bombardiers C Series est-elle judicieuse en cette période troublée ?
Notre décision de positionner huit Bombardiers C Series à Genève courant 2017 est une preuve de plus, s’il en fallait, de l’engagement de SWISS à l’aéroport de Genève.

En quoi l’arrivée de ces nouveaux avions va-t-elle changer la donne pour SWISS ?
Le Bombardier C Series ne va pas seulement changer la donne pour SWISS et ses passagers, mais aussi pour les riverains de l’aéroport. Pour SWISS, les performances opérationnelles et économiques du Bombardier C Series vont permettre d’optimiser nos coûts de fonctionnement et d’améliorer notre rentabilité. Pour nos passagers, nous offrirons une expérience de vol nouvelle, plus silencieuse, dans une cabine plus lumineuse et plus spacieuse. Les nouvelles technologies employées dans la construction de l’avion et de ses moteurs le rendent significativement plus silencieux, et avec des émissions de Co2 réduites. Nous participons ainsi à la réduction des nuisances induites par notre activité.

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Arrivée en grande pompe du nouveau Bombardier de SWISS à Genève

Les qualités intrinsèques de ces avions sont nombreuses. Le niveau de bruit perceptible par l’oreille humaine a par exemple été divisé par deux (10-15 décibels), ce qui contribue sans conteste à améliorer la qualité de vie des riverains des zones aéroportuaires. L’avion consomme 25% de carburant de moins que les actuels Avro RJ100, ce qui est un bienfait à la fois économique et écologique. Pour les passagers, le niveau de confort s’est nettement amélioré, grâce à de plus grands hublots, des écrans sur chaque rangée de sièges, des rangements plus faciles pour les bagages à mains ou encore un système de ventilation amélioré.

Pouvez-vous nous en dire plus sur ces Bombardiers et leur déploiement ?
Au moment de la décision d’acquisition de ces nouveaux avions (2008-2009), les leaders sur le marché (Airbus et Boeing) n’avaient pas l’intention de développer le type d’avion désiré (100 places), et SWISS souhaitait remplacer ses avions de type Avro RJ100 au plus vite. La réduction des coûts, la consommation de carburant et les réductions d’émissions de Co2 furent des critères déterminants dans notre choix. De plus, les modèles CS 100 et CS 300 sont des combinaisons idéales pour adapter notre flotte et assurer la flexibilité des vols européens.

Les trente bombardiers C Series remplaceront progressivement les Avro RJ100 de notre flotte actuelle. Parmi ces trente avions (CS 100 et CS 300), huit seront basés à Genève, et vingt-deux à Zurich. Le premier Bombardier C Series rejoindra officiellement la flotte genevoise en avril 2017, même si une présentation a été faite au public genevois le 6 août dernier, lors du Geneva Lake Festival.

Changer trente avions de sa flotte représente un coût important. Quid de la rentabilité ?
Les investissements ont été rentabilisés dès le premier vol opéré, avec des économies conséquentes de consommation de kérosène. La capacité supplémentaire d’accueil de passagers que proposent les C Series est également un facteur d’économies. Dans la phase de lancement, ces facteurs ne sont pas totalement remplis, car il faut compter avec la phase de formation des Cabin Crew, qui ne sont pas complètement opérationnels immédiatement. Cette situation reviendra à la normale d’ici quelques mois. En parallèle, nous allons embaucher du personnel de bord supplémentaire pour ces avions. Nous prévoyons 150 emplois créés d’ici à 2018.

Comment comptez-vous faire connaître ces avions à la population ?
Via nos divers canaux de communication, comme les newsletters, les médias sociaux, les communiqués de presse ou encore notre site internet www.swiss.com. Des événements ont déjà été organisés, à l’instar du survol de la Rade genevoise dans le cadre du Geneva Lake Festival, le 6 août dernier. Deux vidéos ont été produites et sont à la disposition de nos communautés et de nos clients sur notre chaîne Youtube Swiss International Air Lines.